Maxime Prévot ou le centre mou qui glisse

Il promettait un centre fort. Il incarne aujourd’hui un centre flou. Depuis son entrée tonitruante dans le gouvernement fédéral comme ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot semble s’être engagé sur une pente glissante : celle d’un recentrage vers la droite… ou plutôt d’un glissement tranquille dans le sillage du MR, sans frein ni garde-fou.

Les Engagés, disait-on, n’étaient ni à gauche ni à droite, mais « ailleurs ». On sait désormais où se trouve cet « ailleurs » : dans l’orbite libérale, là où la priorité va aux équilibres budgétaires, à la compétitivité des entreprises et aux discours de fermeté. Et tant pis si, en chemin, on laisse sur le bas-côté les promesses sociales, l’éthique publique et le fameux « changement de culture politique » annoncé tambour battant.

Une mise au pas en douce

Le ministre Prévot s’est installé avec élégance dans les habits de la diplomatie, mais sans jamais hausser le ton face à un MR tout-puissant. Il cautionne sans broncher les axes d’un gouvernement dont le libéralisme est assumé, durci même, sans que Les Engagés ne marquent la moindre inflexion. Pas une prise de position claire sur les enjeux sociaux brûlants, pas une nuance sur la réforme de l’État façon GLB.

Ce n’est plus une coalition, c’est une absorption.

La fin d’un projet distinct ?

En acceptant ce rôle d’auxiliaire discipliné, Maxime Prévot prend le risque de dissoudre l’identité même des Engagés. Car à quoi bon un parti centriste si c’est pour épouser la ligne d’un autre ? Si l’ambition politique se résume à « faire nombre » dans un gouvernement dominé par la droite, alors la mue du CDH vers Les Engagés n’aura été qu’un simple rebranding cosmétique.

Et que reste-t-il du fameux « courage de dire non » ? Du « refus des petites combines » ? Des valeurs « humanistes » ? Visiblement, elles sont restées au vestiaire.

Un avenir flou pour un centre sans colonne vertébrale

Le danger est simple : à force de glisser vers la droite sans marquer de résistance, Maxime Prévot transforme le centre en zone molle. Ni attractif pour les électeurs modérés de gauche, ni suffisamment identitaire pour convaincre ceux de droite, Les Engagés risquent de se retrouver sans base électorale solide. Et la diplomatie — aussi prestigieuse soit-elle — ne suffira pas à compenser l’érosion d’un projet politique en quête de colonne vertébrale.

Maxime Prévot, en acceptant de jouer les bons élèves du MR, espérait sans doute renforcer son image d’homme d’État. Il risque surtout de devenir, aux yeux des citoyens, le symbole d’un centre qui a glissé. Et qui, en glissant, s’est effacé.

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