Il était une fois, dans le royaume du Belgiquistan, un petit bonhomme toujours pressé de se faire remarquer : Ouin-Ouin. Il avait un SUV gigantesque, brillant comme un miroir, qu’il conduisait partout pour montrer à quel point il était… important.
Ouin-Ouin avait un secret : il adorait les histoires qui faisaient peur aux enfants sages. Ces enfants, qu’il appelait « antifascistes », construisaient des cabanes, chantaient, discutaient… bref, ils ne lui obéissaient pas. — « Attention ! » criait Ouin-Ouin en vrombissant. « Vos cabanes sont dangereuses ! Elles pourraient devenir… des cabanes de gauche ! » Et hop, il appuyait sur son klaxon, qui était en réalité le haut-parleur de sa stratégie favorite : le grand cirque médiatique.
Chaque fois qu’un enfant protestait, Ouin-Ouin sortait une nouvelle ficelle, qu’il avait apprise dans les manuels de son lointain cousin, Oncle Trumpet. Un jour il criait « Fake ! », le lendemain « Danger ! », et toujours avec ce petit sourire satisfait de celui qui croit avoir trouvé la recette du succès.
Mais le plus drôle, c’est que le SUV d’Ouin-Ouin n’avait jamais de carburant pour avancer : il tournait en rond sur la place publique, faisant beaucoup de bruit et laissant derrière lui… rien. Absolument rien. Les enfants, eux, continuaient leurs cabanes, construisant des ponts entre leurs idées et riant doucement de ce petit bonhomme qui se croyait un géant.
Finalement, Ouin-Ouin devint célèbre pour son vrombissement, sa peur des cabanes et ses histoires volées à Oncle Trumpet. Mais personne n’oubliera que derrière le klaxon et les paillettes, il n’y avait qu’un petit bonhomme perdu dans son énorme SUV.
Moralité : Quand on fait du bruit pour effrayer ceux qui construisent, on finit souvent seul… avec son écho.
En 1930, l’Allemagne nazie se choisissait un saint : Horst Wessel, un voyou des SA transformé en « martyr » par la propagande de Goebbels. En 2025, sous la présidence de Donald Trump, les États-Unis ont leur propre icône sanglante : Charlie Kirk, abattu par un jeune homme paumé, déjà érigé en « victime de la gauche totalitaire » par Fox News et le président lui-même.
Deux époques, une même escroquerie idéologique. L’extrême droite n’a qu’un seul talent : transformer ses morts en armes. Et pendant qu’elle pleure ses martyrs, elle nous écrase.
Horst Wessel : quand un fasciste ordinaire devient un Christ en chemise brune
Horst Wessel n’était pas un héros. C’était un militant violent, un membre des SA qui passaient leur temps à tabasser des communistes et des Juifs dans les rues de Berlin. Sa mort en 1930, après une rixe avec des militants du KPD, aurait dû rester un fait divers parmi d’autres dans une Allemagne en crise.
Mais Goebbels en a fait un symbole. Son chant, Die Fahne hoch, est devenu l’hymne des chemises brunes. Ses funérailles, un spectacle de propagande. Son nom, une relique.
Pourquoi ? Parce qu’un martyr, ça sert à justifier la terreur. Si Wessel est une victime, alors les communistes sont des monstres. Si les nazis sont persécutés, alors leur violence est légitime.
Résultat : les SA deviennent une armée privée, et la République de Weimar s’effondre.
Charlie Kirk : le martyr 2.0, ou comment un millionnaire devient une victime sous Trump
En 2025, sous la présidence de Donald Trump, Charlie Kirk, entrepreneur de la haine et fondateur de Turning Point USA, est assassiné par Tyler Robinson, un jeune homme de 22 ans au profil trouble.
Que fait l’extrême droite ? La même chose qu’en 1930 : elle fabrique un mythe.
Trump tweete : « Charlie a été tué par la gauche radicale ! »
Fox News hurle : « C’est la preuve que les démocrates veulent nous faire taire ! »
Les réseaux sociaux s’embrasent : Kirk devient un « soldat de la liberté ».
Sauf que…
Kirk n’était pas un dissident. C’était un millionnaire, allié des milliardaires et des lobbies, qui a passé sa carrière à attaquer les étudiants, les profs et les militants antiracistes.
Son tueur n’était pas un militant. Tyler Robinson, c’était un gamin radicalisé en ligne, perdu entre les mèmes, les jeux vidéo et une colère sans issue. Ses messages sur les douilles (Bella Ciao, mais aussi des références à l’extrême droite) montrent à quel point son acte était plus désespéré que politique.
Mais peu importe. L’extrême droite a besoin d’un martyr, alors elle en fabrique un.
Comparaison : deux escroqueries, un même but
Élément
Horst Wessel (1930)
Charlie Kirk (2025)
Qui il était vraiment
Un voyou fasciste
Un influenceur capitaliste
Qui l’a tué
Des communistes (en légitime défense)
Un gamin isolé, radicalisé en ligne
Qui le récupère
Le régime nazi
Trump, Fox News, l’extrême droite
À quoi ça sert
Légitimer la violence des SA
Justifier la répression sous Trump
Leur vrai crime
Avoir été un fasciste
Avoir passé sa vie à semer la haine
Le point commun ? Dans les deux cas, la vérité est sacrifiée sur l’autel de la propagande.
Wessel devient un « héros » pour cacher la brutalité du nazisme.
Kirk devient un « martyr » pour cacher que l’extrême droite au pouvoir est un mouvement de milliardaires qui jouent les victimes.
Pourquoi ça marche (et comment on peut les en empêcher)
Parce que la peur, ça vend. Et l’extrême droite le sait.
En 1930, la peur du communisme a permis à Hitler de prendre le pouvoir.
En 2025, la peur du « wokisme » permet à Trump de consolider son régime.
Mais il y a une différence majeure : aujourd’hui, on a les outils pour déconstruire leurs mensonges.
Ne pas les laisser contrôler le récit.
Rappeler qui était vraiment Kirk : pas un dissident, mais un profiteur de la haine.
Rappeler qui était vraiment Wessel : pas un martyr, mais un sbire violent.
Dénoncer l’hypocrisie.
L’extrême droite pleure Kirk, mais elle a passé des années à encourager la violence (souvenez-vous du 6 janvier).
Elle hurle à la « censure », mais elle censure elle-même (voir les lois anti-LGBT+ et anti-avortement).
Refuser la logique des martyrs.
Aucun mort ne devrait servir de prétexte à l’oppression.
Aucun assassinat ne devrait être récupéré pour justifier la répression.
leur seul talent, c’est de mentir. Notre force, c’est la lutte.
L’extrême droite n’a qu’une seule compétence : recycler la mort pour mieux nous diviser.
Wessel ? Un fasciste transformé en saint.
Kirk ? Un millionnaire transformé en victime.
Notre travail, c’est de leur voler leurs martyrs.
En rappelant les faits.
En refusant leurs récits.
En construisant une contre-mémoire : celle des vraies victimes – les antifascistes allemands des années 30, les militants antiracistes d’aujourd’hui, les femmes, les LGBT+, les travailleurs exploités.
Leur arme, c’est le mensonge. La nôtre, c’est la solidarité.