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Pierre-Yves Jeholet : du micro de journaliste au fauteuil de ministre… et la grande contradiction de sa politique de l’emploi

Pierre-Yves Jeholet, enfant de Verviers, a construit un parcours politique marqué par une ascension méthodique. Journaliste sportif à ses débuts, puis rédacteur en chef d’une radio liégeoise, il passe dès le milieu des années 90 dans l’ombre de Didier Reynders, d’abord comme attaché de presse puis comme chef de cabinet adjoint au ministère des Finances. À partir de 2000, sa carrière élective prend le dessus : conseiller communal à Herve, député, bourgmestre, chef de groupe MR au Parlement wallon, ministre wallon de l’Économie et de l’Emploi en 2017, puis ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles de 2019 à 2024. Depuis 2024, il est revenu à Namur comme vice-président et ministre wallon de l’Emploi, du Numérique et de l’Économie.

À première vue, un CV impeccable : une longue carrière de plus de 25 ans dans les institutions, contre une dizaine d’années dans le journalisme et la communication politique. Un homme de réseaux, d’appareil et de cabinet, qui a gravi patiemment tous les échelons. Mais derrière cette vitrine se cache une contradiction majeure, en particulier dans sa gestion de la politique de l’emploi en Wallonie.


Une rhétorique libérale bien huilée

En tant que ministre de l’Emploi (2017–2019, puis depuis 2024), Jeholet incarne la ligne traditionnelle du MR :

  • insister sur la « responsabilisation » des demandeurs d’emploi,
  • mettre en avant la flexibilité du marché du travail,
  • promettre des allègements pour attirer les investisseurs étrangers,
  • communiquer sur les records d’investissements obtenus en Wallonie.

Dans les discours, tout semble tourner autour d’un triptyque : efficacité, attractivité, compétitivité. L’emploi est envisagé comme une variable de marché, et non comme une politique sociale structurante.


La contradiction fondamentale

Mais la contradiction saute aux yeux : comment un homme qui a passé les trois quarts de sa vie dans la sphère politique peut-il incarner un modèle de réussite par le travail et l’effort individuel ?

  • Son expérience « professionnelle » hors politique s’est limitée à une décennie dans le journalisme et la communication politique, un domaine où il était déjà en orbite autour de la sphère libérale.
  • Depuis 25 ans, sa rémunération et sa carrière dépendent exclusivement du financement public, de son mandat de bourgmestre à ses fonctions ministérielles.
  • Dans ses propres choix de vie, Jeholet n’a jamais été confronté à l’instabilité, aux contrats précaires, aux fins de mois difficiles ni aux licenciements qui frappent de plein fouet les travailleurs wallons.

Or, c’est précisément à ces citoyens qu’il demande « d’être plus flexibles », « d’oser se réorienter » et « de saisir les opportunités d’un marché du travail moderne ». Le fossé est béant entre le message et la trajectoire personnelle.


Le cas de la Wallonie : une réalité qui contredit ses slogans

Sous sa première législature (2017–2019), les chiffres du chômage wallon ont stagné dans plusieurs bassins industriels malgré les annonces d’investissements étrangers records. Les critiques pointaient :

  • des formations inadaptées aux besoins réels du terrain,
  • un discours orienté vers les entreprises plutôt que vers les travailleurs,
  • des politiques d’activation souvent vécues comme des sanctions.

Aujourd’hui, alors qu’il retrouve le même portefeuille en 2024, le décor est identique : une Wallonie toujours en quête d’un modèle économique durable, et un ministre qui recycle le même discours libéral, sans jamais se confronter personnellement à la réalité des travailleurs précarisés.


Un ministre de l’Emploi qui n’a jamais connu l’emploi « ordinaire »

La conclusion est brutale mais difficile à éviter : Pierre-Yves Jeholet est l’incarnation d’une classe politique qui, tout en donnant des leçons de « responsabilisation » aux chômeurs, a elle-même trouvé dans la politique un emploi à vie. Un emploi bien rémunéré, garanti par l’argent public, et dont il est le premier bénéficiaire.

En d’autres termes, il illustre la contradiction suivante : l’homme qui exige de la flexibilité au marché du travail wallon n’a, lui, jamais eu à être flexible dans sa propre carrière.

Le MR me fait gerber

Putain, mais c’est pas croyable. Chaque fois que je pense que le MR a touché le fond, ils trouvent une pelle pour creuser plus profond. Cette fois, c’est Marie-Christine Marghem — oui, LA Marghem, la « modérée », la « raisonnable », la « marraine » censée mettre un peu de vaseline démocratique sur les éructations testostéronées de son président — qu’on retrouve tout sourire à la Fête nationale, bras dessus bras dessous avec Guillaume Florquin, un élu du Rassemblement National français.

Oui, le RN, Le Rassemblement National, ex-FN, vitrine repeinte à la javel de l’extrême droite. Les mêmes qui veulent renvoyer les gens par bateau s’ils ont le mauvais prénom, les mêmes qui tiennent la démocratie comme un vulgaire slip sale à changer quand ça les gratte trop.

Et là, au milieu des drapeaux belges, on a Marghem, du MR, qui pose avec Florquin, comme s’ils venaient de partager une barquette de frites sauce fascisante au bal populaire. Et personne au MR ne trouve ça chelou. Non, tout le monde regarde ailleurs, genre « c’est la fête, hein, c’est pour rigoler. » Bah non. Moi j’rigole pas. Moi j’ai juste envie de gerber. Parce que ce n’est pas un dérapage. C’est pas une maladresse. C’est une énième dérive vers l’extrême droite. Un pas de plus dans le caniveau idéologique.

Et là où c’est encore plus vicelard, c’est que cette photo vient pas de Georges-Louis Bouchez, le spécialiste du tweet à 2h du mat avec trois pintes et une citation de Reagan dans le crâne. Non. Elle vient de Marghem, censée être la voix de la raison, la caution démocratique. La marraine du président. Celle qui devait faire tampon entre le MR et la fange brune.

Ben bravo la marraine. Si ton boulot c’est de freiner les délires d’extrême droite de ton camp, va peut-être falloir arrêter de poser avec les auteurs. Parce que là, on n’est plus dans le flou. On est dans le clin d’œil complice.

Le MR, aujourd’hui, c’est plus un parti. C’est une agence de voyages direction l’Extrême-Droite-les-Bains, avec escale à la Haine-sur-MR, et retour sans escale pour les valeurs libérales.

Mais allez-y les gars, continuez. Un jour vous vous réveillerez et vos seuls alliés, ce sera Zemmour, la N-VA et la Schtroumpfette facho. Et là, faudra pas venir pleurnicher que plus personne veut de vous au bal démocratique.

En attendant, moi j’éteins la télé, je respire un coup… et je vomis.

Maxime Prévot ou le centre mou qui glisse

Il promettait un centre fort. Il incarne aujourd’hui un centre flou. Depuis son entrée tonitruante dans le gouvernement fédéral comme ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot semble s’être engagé sur une pente glissante : celle d’un recentrage vers la droite… ou plutôt d’un glissement tranquille dans le sillage du MR, sans frein ni garde-fou.

Les Engagés, disait-on, n’étaient ni à gauche ni à droite, mais « ailleurs ». On sait désormais où se trouve cet « ailleurs » : dans l’orbite libérale, là où la priorité va aux équilibres budgétaires, à la compétitivité des entreprises et aux discours de fermeté. Et tant pis si, en chemin, on laisse sur le bas-côté les promesses sociales, l’éthique publique et le fameux « changement de culture politique » annoncé tambour battant.

Une mise au pas en douce

Le ministre Prévot s’est installé avec élégance dans les habits de la diplomatie, mais sans jamais hausser le ton face à un MR tout-puissant. Il cautionne sans broncher les axes d’un gouvernement dont le libéralisme est assumé, durci même, sans que Les Engagés ne marquent la moindre inflexion. Pas une prise de position claire sur les enjeux sociaux brûlants, pas une nuance sur la réforme de l’État façon GLB.

Ce n’est plus une coalition, c’est une absorption.

La fin d’un projet distinct ?

En acceptant ce rôle d’auxiliaire discipliné, Maxime Prévot prend le risque de dissoudre l’identité même des Engagés. Car à quoi bon un parti centriste si c’est pour épouser la ligne d’un autre ? Si l’ambition politique se résume à « faire nombre » dans un gouvernement dominé par la droite, alors la mue du CDH vers Les Engagés n’aura été qu’un simple rebranding cosmétique.

Et que reste-t-il du fameux « courage de dire non » ? Du « refus des petites combines » ? Des valeurs « humanistes » ? Visiblement, elles sont restées au vestiaire.

Un avenir flou pour un centre sans colonne vertébrale

Le danger est simple : à force de glisser vers la droite sans marquer de résistance, Maxime Prévot transforme le centre en zone molle. Ni attractif pour les électeurs modérés de gauche, ni suffisamment identitaire pour convaincre ceux de droite, Les Engagés risquent de se retrouver sans base électorale solide. Et la diplomatie — aussi prestigieuse soit-elle — ne suffira pas à compenser l’érosion d’un projet politique en quête de colonne vertébrale.

Maxime Prévot, en acceptant de jouer les bons élèves du MR, espérait sans doute renforcer son image d’homme d’État. Il risque surtout de devenir, aux yeux des citoyens, le symbole d’un centre qui a glissé. Et qui, en glissant, s’est effacé.

« Nous n’avons plus de pain »

Du Holodomor à la guerre : une mémoire ukrainienne en résistance

En 1933, l’Ukraine a connu l’un des chapitres les plus sombres de son histoire : le Holodomor, littéralement « l’extermination par la faim ». Cette famine artificielle, orchestrée par le régime stalinien, a causé la mort de plusieurs millions d’Ukrainiens. Aujourd’hui, près d’un siècle plus tard, alors que les bombes russes tombent à nouveau sur Kharkiv, Marioupol ou Odessa, cette mémoire douloureuse résonne plus fort que jamais dans le cœur du peuple ukrainien.

Une famine planifiée, un peuple brisé

Le Holodomor n’est pas une simple tragédie agricole. C’est une politique délibérée menée par l’Union soviétique sous Joseph Staline. En 1932, dans le cadre de la collectivisation forcée, les terres ukrainiennes furent confisquées, les récoltes réquisitionnées, et les paysans contraints de rejoindre des kolkhozes, fermes collectives inefficaces gérées par l’État. Le moindre épi de blé dissimulé était considéré comme un vol envers l’État soviétique.

Dans une Ukraine autrefois surnommée le grenier à blé de l’Europe, les habitants mouraient de faim en silence, pendant que les récoltes ukrainiennes étaient exportées vers d’autres régions de l’URSS. Une sécheresse n’a fait qu’aggraver la situation, mais c’est la brutalité politique qui a scellé le sort de millions de personnes. Les routes furent bloquées, les gares surveillées, les frontières internes fermées. Ceux qui tentaient de fuir étaient renvoyés mourir dans leur village.

Une vérité longtemps niée

Le gouvernement soviétique a, pendant des décennies, nié l’existence même du Holodomor. Aucun chiffre officiel, aucun monument, aucune reconnaissance. Ce n’est qu’à la fin des années 1980, dans les derniers soubresauts de l’URSS, que la lumière a timidement commencé à percer.

Aujourd’hui, l’Ukraine reconnaît le Holodomor comme un génocide, un acte intentionnel de destruction de son peuple par le pouvoir soviétique. De nombreux pays occidentaux, dont la France, le Canada, les États-Unis ou la Belgique, ont emboîté le pas.

De la mémoire à l’actualité : la guerre de 2022

Depuis février 2022, l’histoire semble tragiquement se répéter. L’Ukraine, à nouveau, est la cible d’une agression russe. Cette fois, les armes ne sont plus la famine, mais les missiles, les drones et les crimes de guerre. Pourtant, les objectifs impérialistes, eux, ne changent pas. Vladimir Poutine cherche à nier l’existence même de l’identité ukrainienne, tout comme Staline avant lui.

À Boutcha, à Marioupol, à Bakhmout, ce n’est pas seulement un territoire que la Russie attaque : c’est une volonté d’être, une mémoire, une langue, une dignité.

Une résistance nourrie par l’histoire

Face à cette violence, les Ukrainiens puisent dans leur mémoire collective. Le souvenir du Holodomor, longtemps étouffé, est aujourd’hui une source de résistance. Il rappelle au peuple ukrainien que sa survie est un acte politique. Que défendre sa liberté, son indépendance et sa souveraineté n’est pas seulement un droit, mais une nécessité historique.

Dans les rues de Kyiv, les portraits des victimes du Holodomor côtoient aujourd’hui les visages des soldats tombés en 2022. Les deux luttes sont liées. Et la détermination est la même.

Une histoire que l’Europe ne peut ignorer

À l’heure où l’Europe s’interroge sur son rôle face à l’invasion russe, le Holodomor rappelle que l’Ukraine n’est pas une périphérie de l’histoire. C’est une nation profondément marquée par un siècle de résistance contre l’impérialisme. Laisser faire aujourd’hui, ce serait répéter l’aveuglement de 1933.

Se souvenir du Holodomor, c’est refuser l’indifférence. C’est comprendre que la guerre d’aujourd’hui s’inscrit dans une continuité tragique, mais que la mémoire, elle, peut devenir un rempart contre l’oubli et l’inaction.

Références

https://fr.wikipedia.org/wiki/Planification_en_URSS
https://fr.wikipedia.org/wiki/Holodomor
https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Gareth_Jones_(journaliste)
https://education.holodomor.ca/educational-resources-list/photo-gallery/commemoration-art/

Pierre-Yves Jeholet et David Clarinval : les pourfendeurs des chômeurs… qui n’ont jamais transpiré ailleurs qu’en politique

Il y a des figures politiques qui semblent avoir trouvé leur vocation : taper sur les plus précaires, les accuser de paresse, les présenter comme des assistés chroniques. En Belgique, deux noms reviennent souvent dans cette rhétorique : Pierre-Yves Jeholet, actuel Ministre-Président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, et David Clarinval, Ministre fédéral des Classes moyennes, des Indépendants, des PME et de l’Agriculture. Deux hommes politiques qui semblent obsédés par la chasse aux chômeurs, tout en ayant eux-mêmes vécu dans une bulle bien confortable : celle de la politique, où le CDI est souvent remplacé par un mandat renouvelé sans CV, sans entretien d’embauche, sans stress de fin de mois.

Quand le travail devient un mot vide de sens

Pierre-Yves Jeholet n’a pratiquement connu que les bancs du MR et les couloirs du pouvoir. Son premier « vrai » job ? Bourgmestre à 32 ans, puis député wallon, ministre, ministre-président… On cherche en vain une expérience en entreprise, un passage par le chômage, ou même une confrontation au monde du travail ordinaire. Il parle pourtant de « responsabilisation des chômeurs » comme s’il avait lui-même trimé à l’usine ou fait des gardes de nuit dans un hôpital.

David Clarinval, de son côté, a été propulsé dans les hautes sphères dès l’âge de 24 ans. D’abord bourgmestre, puis député, ensuite ministre… Là encore, aucune trace d’un emploi dans le secteur privé ou d’une expérience professionnelle hors de la sphère politique. Mais il n’hésite pas à appeler à « réformer les allocations de chômage », à « motiver les gens à chercher un emploi », comme s’il avait dû lui-même survivre avec un C4 en main et un loyer impayé.

L’hypocrisie en col blanc

Le discours de ces hommes politiques est d’autant plus cynique qu’il repose sur un fantasme : celui du « chômeur profiteur », cette figure mythique qui vivrait royalement grâce aux allocations. La réalité est tout autre : la majorité des allocataires sociaux vivent dans la précarité, alternent contrats précaires et périodes de chômage, et subissent une stigmatisation permanente.

Pendant ce temps, Jeholet et Clarinval enchaînent les fonctions publiques, souvent bien rémunérées, sans jamais devoir passer par les affres de l’intérim, du burnout ou des fins de mois impossibles. Leur méconnaissance du terrain social n’est pas un détail : elle les rend parfaitement incompétents pour parler de ce qu’ils n’ont jamais vécu.

Un discours déconnecté, une politique brutale

Les récentes déclarations de Jeholet sur la « nécessaire responsabilisation » des jeunes sans emploi, ou les mesures proposées par Clarinval pour « limiter l’assistanat », témoignent d’un mépris de classe latent. Loin de proposer des solutions structurelles (formation, logement, mobilité, services publics renforcés), ils préfèrent le bâton à la carotte, la stigmatisation à l’empathie, l’idéologie au réel.

Travailler pour mieux juger ?

On pourrait presque suggérer à ces ministres de quitter leur bureau doré pour expérimenter la vie réelle pendant quelques mois : vivre avec 1 400 € brut, faire des files au CPAS, passer des entretiens à 7h du matin pour des jobs précaires, puis revenir nous parler de « mérite » et de « responsabilisation ». Peut-être comprendraient-ils, enfin, que le chômage n’est pas un choix, mais une violence systémique.

Donald Trump, le Qatar et le Boeing 747 : un cadeau qui menace l’intégrité de son second mandat

Une présidence entachée dès le début

À peine réélu pour un second mandat, Donald J. Trump fait déjà face à une affaire aux relents de corruption internationale, susceptible de fragiliser sa position à la tête des États-Unis. En cause : l’acceptation présumée d’un Boeing 747 de luxe offert par l’État du Qatar, un geste qui pourrait constituer une violation flagrante de la Constitution américaine, notamment de la Foreign Emoluments Clause.

L’affaire, révélée par plusieurs sources diplomatiques et relayée par certains médias indépendants, a de quoi faire trembler les fondations institutionnelles américaines.

Un cadeau diplomatique… ou un acte de corruption ?

Le Boeing 747 en question, configuré spécialement pour un usage personnel et estimé à plus de 400 millions de dollars, aurait été remis à Trump quelques semaines après sa réélection. Selon plusieurs analystes, ce « cadeau » pourrait être interprété comme une tentative d’achat d’influence directe alors qu’un nouveau mandat présidentiel débute – une période critique où la politique étrangère se façonne.

Recevoir un bien d’une telle valeur de la part d’un État étranger, surtout en l’absence d’autorisation du Congrès, contrevient directement à la Constitution (Article I, Section 9) qui interdit au président de recevoir des « émoluments » ou présents d’un gouvernement étranger sans son approbation explicite.

Le Qatar, un acteur stratégique… et controversé

Pourquoi le Qatar ? Ce petit mais puissant émirat gazier du Golfe a toujours entretenu une politique étrangère dynamique, souvent axée sur le soft power et les investissements dans des pays stratégiques. Avec Trump, les liens n’ont jamais été rompus : dès son premier mandat, le Qatar a multiplié les investissements dans l’immobilier et les affaires liées à la Trump Organization.

Mais en offrant un avion présidentiel à un président en fonction, le Qatar franchirait ici un seuil inédit dans la diplomatie d’influence, qui soulève la question : Trump est-il redevable envers une puissance étrangère ?

Une violation constitutionnelle en pleine lumière

À la différence de ses activités passées, cette affaire survient alors que Trump exerce de nouveau le pouvoir exécutif suprême. Il ne s’agit plus ici de conflits d’intérêts post-présidence, mais d’un possible abus en cours de mandat. Les conséquences pourraient être gravissimes :

  • Enquête parlementaire immédiate, pouvant mener à une procédure d’impeachment s’il est prouvé que le cadeau a été accepté illégalement.
  • Perte de confiance des alliés internationaux, qui pourraient douter de l’indépendance des décisions prises à la Maison-Blanche.
  • Fracture interne au sein du Congrès, entre républicains pro-Trump et ceux qui refusent une présidence perçue comme achetée par des puissances étrangères.

Un test de résilience pour la démocratie américaine

Cette affaire est bien plus qu’un scandale isolé. Elle s’inscrit dans une crise plus large de la gouvernance et du rapport entre argent, pouvoir et souveraineté. Si un président en fonction peut accepter un avion de luxe d’un État étranger sans conséquences, qu’en est-il de l’indépendance du commandant en chef des armées ?

L’issue de cette controverse sera déterminante pour l’image et la crédibilité des institutions américaines. La question centrale reste : la Constitution est-elle encore un rempart efficace contre la corruption politique ?


“La République américaine est fondée sur des lois, pas sur des hommes.” – John Adams

Les Décrets de Trump: des Coups de Poignard dans le Dos de la Démocratie

Depuis son investiture en 2025, Donald Trump a signé plusieurs décrets qui sont perçus comme dangereux pour la démocratie. Voici une liste exhaustive de ces décrets :

  1. Grâce pour les assaillants du Capitole : Trump a gracié plus de 1 500 personnes condamnées pour leur participation à l’assaut du Capitole le 6 janvier 2021, un événement considéré comme une profanation du sanctuaire de la démocratie américaine.
  2. Fin du droit du sol : Un décret vise à réinterpréter le droit du sol, garanti par la Constitution, ce qui pourrait priver de la citoyenneté américaine les enfants nés sur le sol américain de parents étrangers.
  3. Retrait de l’accord de Paris sur le climat : Trump a signé un décret pour retirer les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat, un accord international visant à lutter contre le changement climatique.
  4. État d’urgence à la frontière avec le Mexique : Un décret déclare l’état d’urgence à la frontière avec le Mexique, promettant des expulsions massives d’immigrés.
  5. Interdiction de « l’extrémisme de genre » dans l’armée : Un décret bannit les personnes transgenres de l’armée, interdisant également les politiques de recrutement encourageant la diversité.
  6. Retrait de l’OMS et d’autres instances de l’ONU : Trump a signé un décret pour retirer les États-Unis de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et d’autres instances de l’ONU, comme le Conseil des droits de l’Homme.
  7. Suppression de la FEMA : Trump a annoncé vouloir supprimer la FEMA, l’agence fédérale de réponse aux catastrophes, ce qui pourrait compromettre la gestion des situations d’urgence.
  8. Suppression de l’USAID : Trump a signé un décret pour supprimer l’USAID, l’agence américaine pour le développement international, ce qui pourrait réduire l’aide humanitaire et le soutien au développement à l’étranger.
  9. Mainmise sur les données privées via le DOGE : Elon Musk, à la tête du DOGE (Department of Government Efficiency), a accès à des données personnelles sensibles, y compris des informations financières et des comptes bancaires, suscitant des préoccupations en matière de protection de la vie privée et de sécurité.
  10. Sanctions contre la Cour pénale internationale (CPI) : Trump a signé un décret imposant des sanctions contre la CPI, accusée d’avoir mené des actions illégales contre les États-Unis et Israël. Le décret interdit l’entrée aux États-Unis des dirigeants, employés et agents de la CPI et gèle leurs avoirs détenus aux États-Unis.
  11. Intention d’annexer Gaza : Trump a exprimé son intention de prendre le contrôle de la bande de Gaza et de déplacer sa population, une proposition qui a suscité de vives critiques internationales et des accusations de nettoyage ethnique

Ces décrets ont suscité de vives critiques et des préoccupations quant à leur impact sur les droits humains, la démocratie et la séparation des pouvoirs aux États-Unis.

Pourquoi je suis et je serai toujours antifa

Dans un monde où les extrêmes semblent à nouveau se déployer, où le fascisme s’infiltre insidieusement dans nos sociétés par des discours populistes, des lois liberticides et une réhabilitation d’idées rétrogrades, il est plus que jamais nécessaire de réaffirmer les raisons pour lesquelles je me définis comme antifa.

Qu’est-ce qu’être antifa ?

Le terme « antifa », abrégé d’« antifasciste », ne désigne pas un groupe organisé ou une structure figée. C’est un engagement moral et politique contre toutes les formes d’oppression, qu’elles soient raciales, sociales, économiques ou politiques. À travers l’Histoire, être antifasciste a signifié résister à l’oppresseur : des partisans qui se battaient contre les nazis aux militants des droits civiques affrontant le ségrégationnisme.

Un choix moral

Être antifa, pour moi, est avant tout une question de conscience. Face à l’injustice et à la haine, rester silencieux revient à devenir complice. Comme l’a dit Desmond Tutu : « Si vous êtes neutre dans des situations d’injustice, vous avez choisi le camp de l’oppresseur. » Lorsque des groupes d’extrême droite, ou même certains gouvernements, normalisent la discrimination et la violence, nous avons le devoir moral de nous opposer.

Une nécessité politique

Le fascisme ne se présente pas toujours sous une forme évidente. Il peut être vêtu de costumes cravates et promu par des discours démagogiques qui exploitent les peurs et les frustrations. Être antifa, c’est être vigilant face à ces manipulations et agir pour empêcher leur propagation. Cela passe par l’éducation, l’organisation communautaire et, parfois, des actions directes pour contrer la violence.

L’importance de la solidarité

Le fascisme prospère en divisant les gens : par la peur des étrangers, par la haine des minorités, par l’opposition des classes. Être antifa, c’est construire des ponts plutôt que des murs. Cela signifie défendre les droits des migrants, lutter contre les discriminations systémiques et promouvoir une société plus juste et égalitaire.

Refuser la violence, mais comprendre la réalité

On reproche souvent aux antifascistes d’être « violents », en oubliant que les premières violences viennent des fascistes eux-mêmes. L’Histoire nous a appris que le fascisme ne recule pas devant les mots ou les compromis. Bien que la violence ne soit jamais souhaitable, elle peut être une réponse légitime pour protéger les communautés vulnérables lorsque toutes les autres options ont échoué.

Une lutte qui nous concerne tous

Il est facile de penser que le fascisme appartient au passé ou qu’il ne concerne que d’autres pays. Mais les signes sont présents partout : montée des partis d’extrême droite, dérives autoritaires, discours haineux banalisés. C’est pourquoi la lutte antifasciste doit être universelle et constante.

En conclusion

Je suis et je resterai antifa parce que je crois en une société fondée sur l’égalité, la justice et la solidarité. Le fascisme, sous toutes ses formes, est une menace à ces valeurs fondamentales. Et tant qu’il existera, je continuerai à résister.

Histoire du Vlaams Belang : de la fondation à l’influence actuelle

Le Vlaams Belang (VB) est l’un des partis politiques les plus influents en Flandre, prônant des positions nationalistes et identitaires depuis des décennies. Né dans la continuité du Vlaams Blok, il a su capitaliser sur les frustrations flamandes vis-à-vis du gouvernement fédéral et des tensions communautaires belges pour gagner un électorat fidèle. Voici un retour sur son évolution, de ses origines controversées aux succès électoraux récents.


Les Ancêtres du Vlaams Blok : Les Mouvements Nationalistes Flamands, Voorpost et Taal Aktie Komitee

Le Vlaams Blok, précurseur du Vlaams Belang, puise ses origines dans divers mouvements nationalistes flamands. Dès les années 1930, des groupes comme le Frontpartij militent pour l’autonomie et l’affirmation de la culture flamande face à une Belgique perçue comme dominée par la francophonie. Dans les années 1950, la Volksunie (Union du Peuple) poursuit cette lutte autonomiste mais choisit des méthodes modérées de coopération politique.

Un autre acteur influent est le Voorpost, fondé en 1976. Ce mouvement nationaliste radical défend un projet de « Dietsland » (Grande Néerlande) et utilise des actions de rue pour attirer l’attention sur sa cause. En parallèle, le Taal Aktie Komitee (TAK), également fondé dans les années 1970, milite pour la protection et la promotion de la langue flamande dans les régions où le néerlandais est minoritaire. Le TAK organise des actions directes, manifestations et campagnes pour défendre les droits linguistiques des Flamands, jouant un rôle dans l’affirmation de l’identité flamande et influençant les débuts du Vlaams Blok avec son approche militante.

Ces mouvements forment le terreau du Vlaams Blok, marquant un tournant vers des revendications identitaires plus radicales qui se refléteront dans les positions ultérieures du Vlaams Belang.


La Naissance du Vlaams Belang (2004) : Une Nouvelle Stratégie

À la suite de la dissolution du Vlaams Blok, ses principaux fondateurs – Filip Dewinter, Frank Vanhecke, et Gerolf Annemans – fondent le Vlaams Belang, en s’engageant à éviter les propos discriminatoires qui avaient valu la condamnation du Vlaams Blok. Bien que le Vlaams Belang adoucisse légèrement son discours, il conserve les principes fondamentaux de son prédécesseur : indépendance de la Flandre, politique migratoire stricte et accent sur la sécurité.

Malgré une volonté de présenter un visage plus modéré, le Vlaams Belang reste marginalisé au sein du paysage politique flamand. Le cordon sanitaire est maintenu, les autres partis refusant toujours de coopérer avec lui. Cette période marque donc un recul pour le parti par rapport aux succès du Vlaams Blok, les électeurs étant moins nombreux à soutenir une formation politiquement isolée. Filip Dewinter continue néanmoins de jouer un rôle important, tout comme Annemans et Vanhecke, en insistant sur la question identitaire et la défense de la culture flamande.


La Crise Migratoire et l’Ascension Progressive (2010-2019)

À partir de 2010, le Vlaams Belang retrouve un élan. Deux événements majeurs contribuent à sa montée en puissance :

  1. La crise migratoire de 2015 : L’afflux de réfugiés et de migrants en Europe, en particulier après la guerre en Syrie, exacerbe les inquiétudes en matière de sécurité et de cohésion sociale. Le VB, ayant depuis longtemps mis en garde contre ce qu’il appelle les dangers de la « société multiculturelle », attire un électorat de plus en plus sensible aux thématiques identitaires. Ses appels à des politiques d’immigration plus restrictives trouvent un écho favorable.
  2. La polarisation politique et le mécontentement économique : Avec la polarisation croissante autour des questions de sécurité, d’immigration et d’identité, une partie de la population flamande, frustrée par les partis traditionnels, se tourne vers le VB. Ce mécontentement est amplifié par une perception de stagnation économique et de centralisation excessive des pouvoirs à Bruxelles.

Sous la direction de Tom Van Grieken, élu président en 2014, le VB entreprend une refonte de son image pour la rendre plus professionnelle et accessible. Van Grieken et ses collaborateurs parviennent à attirer un électorat plus jeune et sceptique envers les institutions belges, tout en conservant le discours radical du parti sur les thèmes identitaires.


Les Succès Électoraux de 2019 et l’Influence Grandissante

Les élections de 2019 marquent un tournant pour le Vlaams Belang, qui réalise un score historique. Avec plus de 18 % des voix en Flandre, le VB devient le deuxième parti de la région, juste derrière la Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA), un parti nationaliste de droite plus modéré. Le succès du VB est attribué à sa capacité à capitaliser sur les inquiétudes en matière d’immigration et de sécurité, ainsi qu’à sa critique virulente de la gouvernance fédérale.

Le VB en 2019 se présente comme un acteur sérieux pour les électeurs flamands insatisfaits, tout en restant fidèle à son programme de base :

  • Indépendance de la Flandre : Le VB soutient l’idée que la Flandre subventionne trop la Wallonie et serait plus prospère en tant qu’État indépendant.
  • Contrôle strict de l’immigration et sécurité : Le VB prône l’arrêt de l’immigration extra-européenne et l’expulsion des migrants jugés inadaptés aux valeurs flamandes, associant l’immigration à des problèmes de sécurité et de cohésion sociale.
  • Critique de la gestion de la crise sanitaire : Lors de la pandémie de COVID-19, le VB se montre critique vis-à-vis de la gestion fédérale, réclamant une autonomie totale pour la Flandre sur les décisions sanitaires.

En dépit de ces succès, le cordon sanitaire reste en place, et les autres partis refusent de coopérer avec le VB. Cependant, certains politiciens commencent à remettre en question cette stratégie, estimant que l’isolation pourrait renforcer encore davantage le parti dans un contexte de montée générale des populismes en Europe.


Critiques et Controverses

Le Vlaams Belang demeure un parti controversé, souvent accusé de populisme et d’incitation à la haine. Plusieurs de ses leaders, dont Filip Dewinter et Tom Van Grieken, sont associés à des personnalités et des mouvements d’extrême droite européens, attirant de nombreuses critiques pour leurs discours jugés polarisants. Bien que le parti tente de modérer son image, il est encore vu par ses opposants comme un facteur de division au sein de la société belge.

Les thèmes de l’immigration et de la sécurité, exploités de manière constante par le VB, continuent d’alimenter les débats en Flandre. Les opposants au parti soulignent que cette rhétorique contribue à un climat de méfiance envers les minorités et les immigrés.


Perspectives d’Avenir

Le Vlaams Belang, en pleine croissance, bénéficie d’un contexte européen favorable aux mouvements populistes et nationalistes. Si les tensions communautaires en Belgique persistent, le parti pourrait continuer à attirer un nombre croissant d’électeurs, avec des perspectives de coopération potentielles avec la N-VA sur des objectifs nationalistes communs.

Le VB espère à terme pouvoir former une coalition majoritaire en Flandre, particulièrement si les appels à une autonomie accrue se renforcent. Cependant, des obstacles importants subsistent, notamment le cordon sanitaire et la résistance des partis traditionnels.

Aujourd’hui, le Vlaams Belang représente l’une des plus grandes menaces pour l’unité de la Belgique, mettant en lumière les fractures profondes qui divisent le pays entre Flandre et Wallonie. Son ascension marque une période d’incertitude pour l’avenir politique belge, avec un paysage de plus en plus polarisé et des questions persistantes sur l’avenir de l’unité nationale.

De Reagan à Trump : Le Triomphe de l’Ultra-Capitalisme

Depuis les années 1980, les États-Unis ont connu une transformation économique et idéologique marquante, portée par l’essor de l’ultra-capitalisme. Le parcours de Ronald Reagan à Donald Trump illustre ce mouvement, un passage de relais entre deux présidents, deux visions du monde, mais une même vénération du marché libre et de l’individualisme économique.

L’ère Reagan : L’avènement du néolibéralisme

Sous Ronald Reagan, élu en 1980, les États-Unis amorcent une réorientation majeure de leur politique économique. Fortement influencé par les théories de Milton Friedman et des économistes de l’école de Chicago, Reagan mise sur une réduction des impôts, une déréglementation des secteurs clés et une réduction du rôle de l’État. Ce qu’on appelle le « trickle-down economics« , ou économie de ruissellement, postule que les avantages fiscaux accordés aux plus riches finiront par bénéficier à l’ensemble de la société, stimulant la croissance et la création d’emplois.

La défaite des syndicats, la privatisation des services publics et l’érosion des protections sociales sont des marqueurs de cette époque. Ces réformes sont souvent vues comme une victoire du capitalisme débridé, où la main invisible du marché est censée réguler l’économie de manière plus efficace que l’État.

Les inégalités commencent à se creuser, mais cette période est aussi marquée par un sentiment de prospérité. Les États-Unis, comme jamais auparavant, deviennent un phare du capitalisme libéré, modelant non seulement leur propre économie mais aussi influençant le monde entier, notamment en encourageant la mondialisation.

Clinton et Bush : Continuation et paradoxe du capitalisme

Bien que les administrations suivantes, celles de Bill Clinton et de George W. Bush, aient eu des approches différentes, l’orientation vers un capitalisme de plus en plus débridé reste inchangée. Clinton, démocrate, continue certaines politiques de Reagan, notamment la dérégulation bancaire, et laisse prospérer la bulle technologique. Sous Bush, le capitalisme financier prend une ampleur démesurée, culminant dans la crise des subprimes en 2008. Cette crise met en lumière les dangers de l’ultra-capitalisme non régulé, mais elle n’inhibe pas l’appétit pour le capitalisme globalisé.

Obama : La promesse du changement et le maintien du système

Barack Obama, élu en 2008, arrive à la Maison-Blanche au milieu d’une crise économique mondiale. Bien que son administration ait pris des mesures pour réguler davantage le secteur financier (notamment par la loi Dodd-Frank), la gestion de la crise et la lente reprise ont montré les limites de ces réformes. Obama, un fervent défenseur d’une régulation plus stricte et de la protection des classes moyennes, s’est retrouvé à gouverner dans un système capitaliste profondément globalisé et imbriqué, ce qui l’a contraint à faire des compromis.

Bien qu’il ait mis en place des politiques visant à redresser l’économie, comme le plan de relance économique et l’Affordable Care Act (Obamacare), Obama n’a pas remis en question les fondements du capitalisme néolibéral. Le système bancaire, bien qu’intervenu par l’État, est resté largement intact, et la mondialisation a continué de se renforcer. Obama, souvent vu comme un président progressiste, a en réalité hérité d’une économie où le pouvoir des grandes entreprises et des marchés financiers était déjà consolidé.

L’ère Trump : Le populisme au service de l’ultra-capitalisme

Donald Trump, élu en 2016, représente un point culminant du phénomène de l’ultra-capitalisme. Bien que sa rhétorique soit populiste et souvent en opposition avec l’establishment, ses politiques économiques sont résolument favorables aux plus riches. La réduction massive des impôts pour les grandes entreprises et les individus les plus riches, l’attaque contre les régulations environnementales et la préférence donnée au capitalisme financier marquent cette présidence.

Trump réussit à capitaliser sur un ressentiment populaire contre l’élite économique et les inégalités croissantes, tout en mettant en place une politique économique qui profite directement à ces mêmes élites. Sa vision du « Make America Great Again » est un retour aux idéaux du capitalisme sans frein, où les profits des grandes entreprises sont perçus comme un moteur du renouveau national, au détriment des protections sociales et de la redistribution.

Biden : Une réponse mitigée aux excès du capitalisme

Joe Biden, élu en 2020, arrive dans un contexte de pandémie mondiale et de crise économique sans précédent. Bien qu’il ait promis de réparer les dégâts causés par l’ultra-capitalisme, ses actions restent limitées par le pouvoir d’influence des grandes entreprises et les impératifs économiques globaux. Ses mesures de relance, notamment l’American Rescue Plan et son infrastructure bill, visent à injecter des fonds dans l’économie, tout en tentant de répondre aux inégalités sociales amplifiées par la crise.

Biden a également pris des mesures pour augmenter les impôts des plus riches et des grandes entreprises, tout en préconisant une plus grande régulation de certains secteurs. Cependant, son administration continue de s’appuyer sur un système économique profondément ancré dans les principes du capitalisme de marché, avec une mondialisation toujours en cours et un contrôle minimal sur les grands acteurs économiques. Biden, tout en tentant de proposer une alternative au modèle trumpien, peine à échapper aux logiques du capitalisme ultra-libéral qui dominent toujours l’économie américaine.

Le triomphe de l’ultra-capitalisme : Une économie mondialisée, mais fragmentée

De Reagan à Trump, en passant par Obama et Biden, ce parcours illustre le triomphe d’un capitalisme globalisé, où les grandes entreprises ont pris un pouvoir immense sur les marchés et sur la politique. Les inégalités se sont exacerbées, la classe moyenne s’est effritée, et la promesse du ruissellement économique s’est évaporée pour beaucoup.

Cependant, ce modèle a également rencontré de nouvelles résistances. La montée des populismes, la révolte des laissés-pour-compte et les débats autour des inégalités de richesse montrent que le système ultra-capitaliste est loin de faire l’unanimité. Les fractures sociales et économiques s’intensifient, et le fossé entre les « winners » du capitalisme globalisé et ceux qui se sentent abandonnés par le système devient une problématique centrale.

L’ultra-capitalisme, né des politiques de Reagan et prolongé par Trump, avec des ajustements sous Obama et Biden, représente un système où les inégalités ont été institutionnalisées, mais où les tensions qu’elles génèrent montrent que ce modèle pourrait bien être en train de vivre ses dernières heures.