
On les reconnaît, ces politiciens en mal de buzz : quand ils n’ont plus rien à proposer, ils brandissent un drapeau. Après les coupes sociales, les cadeaux fiscaux aux plus riches et les accords douteux avec les séparatistes, voilà que le MR découvre soudain… la Brabançonne.
Un élu bleu (Guillaume Soupart, conseiller communal montois et député wallon MR) veut imposer l’hymne national dans les classes – rien de tel que d’apprendre à des gamins de 6 ans une chanson qu’aucun ministre n’est capable de chanter sans bafouiller. Pendant ce temps, Valérie Glatigny rêve de drapeaux belges dans toutes les écoles, histoire que la pauvreté des budgets se cache derrière un joli tissu tricolore made in China.
Mais ne soyons pas naïfs : ce patriotisme de pacotille n’est pas une bouffée d’amour pour la patrie. C’est un cache-misère politique. On détourne l’attention, on joue les grands défenseurs de l’unité nationale, tout en serrant la main des extrémistes de droite qui rêvent de la détruire.
Ça sent fort le déjà-vu : « travail, famille, patrie ». Et comme toujours, quand on ressort les hymnes et les drapeaux, c’est rarement pour célébrer la diversité et la justice sociale. Plutôt pour préparer le terrain à la discipline et au conformisme.
En attendant, les enseignants tirent la langue, les élèves accumulent les retards, et les familles comptent leurs centimes pour acheter des fournitures. Mais bon, rassurez-vous : on pourra toujours chanter la Brabançonne à l’unisson devant un drapeau flambant neuf. Ça nourrit, ça soigne et ça instruit, paraît-il.