Évangile selon Saint Kevin d’Herstal

(manuscrit retrouvé roulé dans une boîte de tacos merguez, sous un banc de la place Licourt)

Chapitre 1 – Révélation au Lidl

En l’an obscur du Wi-Fi instable, dans la banlieue Est du Royaume, vivait Kevin, fils de Laurence et de Freddy le carrossier.

Il errait souvent entre le Lidl, le Proxy Delhaize, et un snack turc sans nom, cherchant une vérité plus grande que les promos du jeudi.

Et un soir, alors qu’il méditait sur le prix des Red Bull, une lumière s’alluma dans le rayon des frigos.

Une voix sortit du rayon à lasagnes :
« Kevin, lève-toi, et marche vers Coronmeuse, car c’est toi que j’ai choisi pour ranimer la foi des quartiers. »

Kevin répondit :
« Seigneur, j’ai pas pris ma carte de bus. »
Et la voix dit :
« Pas grave, t’as deux pieds et une casquette : avance. »

Chapitre 2 – Les Apôtres du Quick

Kevin rassembla autour de lui douze compagnons, appelés les Apôtres, dont :
– Dylan le Vapeur,
– Sabrina la Juste,
– Jérémy l’Égaré (qui bosse parfois à Huy),
– Nourredine des Combattants,
– et Mamadou des Rabais.

Ensemble, ils marchaient sans but précis, mais avec foi.

Ils prêchaient la paix, le respect, et la tendresse dans les halls d’immeubles.

Ils partageaient la parole, les bonbons Pik et les clopes roulées.

Et quand les gens demandaient :
« D’où vient ta sagesse, Kevin ? »
Il répondait :
« De la rue, du vécu, et du wifi du voisin. »

Chapitre 3 – Multiplication des Kebab Box

Un jour, alors qu’ils étaient nombreux à écouter sa parole derrière la piscine communale, les ventres gargouillaient.

Kevin leva les yeux et dit :
« Apportez-moi une seule kebab box. »

Et il bénit la box, souffla dessus, et la partagea.

Et les boîtes se multiplièrent, les sauces aussi : samouraï, blanche, andalouse, et même celle qu’on ne nomme pas.

Tous mangèrent à leur faim, et il resta même de quoi nourrir les pigeons mutants de la gare de Liège-Guillemins.

Chapitre 4 – Le Sermon de la Station Total

Un jour, sur le parking de la station Total (celle qui n’a plus de toilettes), Kevin parla ainsi :

« Heureux les perdus, car ils finiront par trouver un banc.
Heureux ceux qui galèrent, car leur cœur est plus vaste que leur solde.
Heureux ceux qui ont connu la galère, car eux seuls savent le goût du vrai pain turc.
Et malheur à ceux qui jugent sans savoir, car la honte les atteindra au moment de l’heure creuse. »

Et les gens disaient :
« Il parle vrai. Même s’il a un bonnet en été, il parle vrai. »

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